L'article du mois

Bénédicte Ducatel

La sagesse de l’Église par Bénédicte Ducatel

Parce que la liturgie est la prière de l’Église, elle respire, si l’on peut dire, au rythme de ses membres et connaît donc des variations légitimes. Certaines sont liées aux temps liturgiques et aux fêtes, d’autres sont laissées à l’appréciation des communautés ou des personnes qui célèbrent.

Variations prévues

L’Église possède plusieurs calendriers liturgiques. Un, général, qui donne les fêtes et solennités pour l’Église universelle, comme Noël, la solennité du Sacré-Cœur ou la fête de la conversion de saint Paul, etc. Mais il existe également un calendrier par aire géographique, par pays, par diocèse et par famille religieuse. À tous ces cas de figure correspondent des formulaires spécifiques qui, de manière légitime, sont diversement utilisés. Ainsi le 3 janvier, la possibilité est donnée de célébrer le temps de Noël ou bien la mémoire facultative du Saint Nom de Jésus, ou bien, en France, celle de sainte Geneviève qui, si l’on habite Paris ou le diocèse de Nanterre, est une solennité, c’est-à-dire qu’elle devient obligatoire. Autre exemple, le 25 mai, on peut célébrer le jour de la férie ou Bède le Vénérable ou Grégoire VII ou Marie-Madeleine de Pazzi, qui sont inscrits au calendrier général, mais si l’on appartient à la Société du Sacré-Cœur de Jésus on fêtera Madeleine-Sophie Barat, la fondatrice. Ainsi, un même jour, à la même heure, des personnes peuvent célébrer la liturgie des Heures sans qu’aucun texte – hymne, psaumes, lectures, intercession – soit commun et pourtant il s’agit bien de la même prière.

Adaptations circonstanciées

Outre ces changements définis par les normes de l’année liturgique, des adaptations sont également possibles. « En certains cas particuliers, on peut choisir dans l’office des formulaires différents de ceux qui se présentent du moment qu’on ne touche pas à l’organisation générale » des Heures[1]. Les jours ordinaires, la faculté est donnée de « substituer les psaumes d’une autre semaine et même, s’il s’agit d’un office célébré avec le peuple, d’autres psaumes pour initier progressivement celui-ci à l’intelligence des psaumes[2] ». Il est possible, pour un motif juste, de prendre d’autres lectures que celles proposées. Parfois, on pourra choisir de faire une lecture quasi continue d’un livre de la Bible. Le tout étant de respecter la volonté de l’Église que soit lue « la partie la plus importante des Saintes Écritures » dans le cours de l’année.

Magnificat

C’est en suivant les normes données par l’Église que Magnificat propose les prières du matin et du soir. Elles respectent la structure de l’office tout en adaptant le cycle des psaumes, par exemple en y insérant les grands psaumes de la tradition chrétienne (Ps 21, 117, 144, etc.), présents à d’autres Heures. Le corpus des lectures a lui aussi été élargi particulièrement dans les temps privilégiés. Magnificat ouvre un chemin de prière qui, tout en obéissant aux normes, offre un lieu sûr de rencontre du Christ.

 

 


[1]. Présentation générale de la Liturgie des Heures (PGLH), no 246.

 [2]. PGLH, no 247.