L'éditorial du mois

Devant l’arbre de vie par David Gabillet, rédacteur en chef

Certaines périodes sont lourdes d’épreuves et nous convoquent au pied de la croix. Lorsque la douleur est là, elle nous place aux côtés de Marie. Nous ­pouvons alors prier la séquence de Notre-Dame des Douleurs : « Être avec toi près de la croix, et ne faire qu’un avec toi, c’est le vœu de ma douleur. » La souffrance qui parfois s’impose à nous, qui sommes membres du Corps du Christ, affecte l’ensemble de ce corps. Nous ne sommes pas seuls dans l’épreuve. Ainsi saint Paul affirme : Ce qui reste à souffrir des épreuves du Christ dans ma propre chair, je l’accomplis pour son corps qui est l’Église (Col 1, 24).

La place de l’Église est au pied de la croix, avec sa Mère, et chaque baptisé y a sa part. Non par goût pour le morbide et la souffrance, mais pour y recevoir Marie comme mère pleine de compassion, qui nous précède dans l’union à la Passion, comme dans la vie. Car Notre Dame sait, et nous-mêmes qui la fêtons, que la croix est glorieuse et qu’elle est passage vers la vie. Réconfortés par la figure de la Vierge, nous pouvons alors prier : « Accorde à ton Église de s’unir, elle aussi, à la passion du Christ, afin d’avoir part à sa résurrection » (prière d’ouverture).

À l’approche de la mort, la romancière Christiane Singer écrivait : « Nous sommes appelés à pleins poumons à faire neuf ce qui était vieux, à croire à la montée de sève dans le vieux tronc de l’arbre de vie. » Au pied de la croix, Marie nous montre dès à présent l’arbre de vie de celui qui fait toutes choses nouvelles (Ap 21, 5).