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D’amour et d’eau fraîche

Le 8 mars 2026

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dimanche 8 mars

3e dimanche du Carême

Le Christ et la Samaritaine,
anonyme, xviiie s., Washington D.C., NGA.

D’amour et d’eau fraîche

Christelle Javary

« Donne-nous de l’eau à boire ! » (Ex 17, 2), récrimine le peuple d’Israël contre Moïse, et plus encore contre Dieu. L’Égypte était terre d’esclavage, mais ce désert est lieu de mort : où est le salut promis ? Alors Moïse prend le bâton qu’il a brandi sur le Nil pour le changer en fleuve de sang, et il frappe un rocher, plus dur que le cœur de ses auditeurs, pour en faire jaillir, contre toute attente, l’eau synonyme de vie.

« Donne-moi à boire », demande à une femme un voyageur solitaire et fatigué, assis au bord d’un puits. Nul besoin d’un miracle : l’eau est là, à quelques mètres, il suffit d’avoir de quoi la recueillir. Le vrai miracle, c’est la rencontre improbable, par-delà les usages sociaux et les préjugés culturels, entre un Juif et une Samaritaine, puis leur dialogue fin et profond qui très vite va à l’essentiel. Où trouver l’eau synonyme de vie éternelle, qu’il ne sera pas nécessaire de renouveler chaque jour par un labeur fastidieux ?

Certains commentateurs supposent parfois que Jésus n’a demandé à boire que par prétexte pour aborder son interlocutrice. Mais l’une de ses dernières paroles, sur la croix, ne sera-t-elle pas ce cri poignant : « J’ai soif » (Jn 19, 28), avec pour toute réponse une éponge imbibée de vinaigre ? Oui, notre Sauveur a soif d’être reconnu comme l’unique dispensateur de l’eau vive, qui jaillira de son cœur ouvert par le coup de lance (v. 34).

On dit parfois ironiquement à un couple de jeunes amoureux, tout occupés à roucouler, qu’ils ne peuvent pas vivre d’amour et d’eau fraîche, et qu’il faut bien se préoccuper un minimum des contingences matérielles. Eh bien, le Christ nous invite ici à vivre véritablement d’amour et d’eau fraîche : recevoir avec joie l’amour dont Dieu nous aime, et rendre au Père céleste l’amour d’adoration qui lui est dû ; faire mémoire de l’eau fraîche de notre baptême pour être purifié, et entrer chaque jour davantage dans la vie divine.

La rencontre par-delà les frontières

L’Évangile de ce dimanche nous invite aussi à prendre le risque de la rencontre, au-delà de nos cercles habituels. Un homme et une femme se parlent en toute liberté et respect. Un Juif et une Samaritaine, surmontant des siècles d’hostilité et de méfiance, engagent un merveilleux dialogue, même sur des sujets sensibles : les cinq maris (allégorie de dieux étrangers), le sanctuaire du mont Garizim, rival de Jérusalem.

Trop beau pour être vrai ? L’Île-de-France a eu l’honneur d’accueillir le pèlerinage de confiance sur la terre, proposé aux jeunes de toute l’Europe par la communauté de Taizé, qui s’est conclu le 1er janvier de cette année 2026. Dans un monde malade et déchiré, c’est le pari modeste et précieux de l’accueil, de l’hospitalité et du dialogue. n

Découvrez après les lectures de la messe notre suggestion de prière universelle. Ces intentions sont à adapter en fonction de l’actualité et de l’assemblée qui célèbre.

Bonne fête ! Jean (de Dieu), Humphrey, Ponce

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Le Christ à la mer de Galilée, Circle of Jacopo Tintoretto (Probably Lambert Sustris), Anonymous Artist - Venetian, 1518 or 1519 - 1594. © National Gallery of Art, New-York