RETARD DANS LA DISTRIBUTION DU NUMÉRO DE DÉCEMBRE

Avec la grève de la Poste Canadienne en cours, votre exemplaire de décembre sera probablement livré en retard.
Nous vous proposons de retrouver votre Magnificat en numérique en attendant de recevoir l’exemplaire papier.

 Cliquez ici.

Et nous, qu’avons-nous à offrir à Jésus ?

Le 1 janvier 2026

Partager sur :

FR_JANVIER_26

Cliquez sur l'image pour l'agrandir

Cette belle miniature ouvre le chapitre 30 d’un manuscrit richement enluminé, réalisé en Île-de-France vers l’an 1410  (1). Le texte, en français, est celui du Livre des merveilles du monde, écrit en 1298 par Marco Polo. Ce célèbre explorateur et diplomate vénitien vécut en Chine pendant dix-sept ans. Il y devient proche collaborateur de l’empereur, le Grand Khan Kubilaï, qui le charge même d’une ambassade auprès du pape. Or, voici que ce qu’il nous raconte au long des chapitres 30 et 31 de son livre ne laisse pas de nous stupéfier.

Au cours de son périple pour gagner l’Extrême-Orient, Marco Polo traverse la Perse (l’Iran actuel) et voici qu’ayant fait étape dans la ville de Saba (actuelle Saveh) les habitants lui content une « histoire véridique » qui se révèle être celle des trois rois mages ! L’un était roi de la ville, les deux autres, de royaumes voisins. Et pour preuve, ils lui proposent de se rendre dans une forteresse, appelée Cala Ataperistan (ce qui signifie « le haut lieu des adorateurs du feu »), à trois jours de marche, pour y visiter leur tombeau. Rendu sur place, Marco Polo découvre que « leurs corps sont toujours entiers avec leur barbe et leurs cheveux ». Ses guides lui expliquent que ces trois rois sont devenus inséparables, jusque dans leur sépulture, parce que, ensemble, je cite, « ils partirent au loin adorer un prophète qui était né, et lui offrir trois présents – or, encens et myrrhe –, afin de savoir s’il était dieu, roi, ou médecin. Car ces gens disaient que si l’enfant prenait l’or, il serait roi de la terre, s’il prenait l’encens, il serait dieu du ciel, s’il prenait la myrrhe, il serait guérisseur de nos maux ». Or, « l’enfant prit les trois offrandes »…

Et nous, que donnerons-nous à l’enfant qui vient de naître ?

Quel est donc l’or que le chrétien pourrait bien venir ­déposer devant l’enfant Jésus ? L’or du chrétien, l’or purifié par le feu dont parle l’Apocalypse (cf. Ap 3, 18), c’est l’amour. Mais comment se procurer l’amour ? On achète l’amour par l’amour même : c’est en aimant qu’on amasse l’amour !

À la condition d’être en mesure d’offrir l’or de l’amour des autres, le chrétien peut y joindre – sans être un menteur – l’encens de sa prière : une vie de prière qui monte vers Dieu en un parfum agréable, parce qu’elle n’est pas mélangée d’hypocrisie. Mais l’encens de nos prières demeure évanescent sans la myrrhe, c’est-à-dire sans notre communion à la Passion et à la mort de Jésus. La myrrhe dans la vie du chrétien, ce sont ses souffrances, ses sacrifices et sa mort, offerts avec l’eucharistie du Seigneur, pour la gloire de Dieu et le salut du monde.

Bienheureux sommes-nous !

Nous voici donc revenus à l’amour : quand nous nous aimons les uns les autres comme le Christ Jésus nous a aimés, quand nous donnons la plus grande preuve d’amour, notre vie offerte pour ceux que nous aimons, la myrrhe, par une alchimie divine, nous transmue en or purifié par le feu et fait de nos vies un encens agréable qui monte vers le Père.

Alors, bienheureux sommes-nous car nous pouvons faire nôtre la prière du roi David : En ces riches offrandes, nous ne vous offrons, Seigneur, rien d’autre que ce que nous avons reçu de vos mains (1 Ch 29, 14).

Et certes, les seuls dons que nous puissions faire à l’enfant Jésus – qui soient à la fois dignes de nous et dignes de Dieu –, ce sont ceux dont lui-même est venu nous combler.

D’une mesure sans mesure, il est venu nous partager l’or de son amour pour les siens qui sont dans le monde. D’une mesure sans mesure, il est venu nous envoyer son Esprit Saint, qui vient en nos cœurs crier « Abba », « Père », en des prières ineffables. D’une mesure sans mesure, il est venu livrer son corps pour nous et verser son sang pour nous, afin de nous faire communier à sa mort et à sa résurrection.

Pierre-Marie Varennes

(1) Rendez-vous sur www.magnificat.fr/couverture

Le Voyage des rois mages, tiré du Livre des merveilles, v. 1410-1412, ms. Fr. 2810, fol. 11v., Maître de la Mazarine (XVe s.), Bibliothèque nationale de France, Paris. © BnF, Paris.

Partager sur :