La basilique Saint-Marc, à Venise – consacrée en 1094 – fut élevée pour servir d’écrin aux reliques de saint Marc qui furent rapportées par des marchands vénitiens du petit port de Bucoles (proche d’Alexandrie, en Égypte), là où l’évangéliste avait souffert le martyre.
Ses mosaïques sur fond d’or ont valu au sanctuaire d’être dénommée la « basilique d’or ». Pour celui qui y entre pour la première fois, l’impression d’être reçu dans un grandiose écrin de métal précieux est saisissante. Selon la symbolique orientale, l’or est la couleur du divin, c’est donc au cœur de la lumière divine – qui est Dieu lui-même – que, dans cette basilique, la divine liturgie déploie ses fastes. À cet effet, chacune des millions de tesselles d’or a été faite en verre de Murano transparent, enserrant une feuille d’or pur.
La mosaïque qui orne la couverture de votre Magnificat de ce mois est située au mur du transept sud. Elle a été réalisée au XIIIe siècle et refaite en partie au XVe siècle. La scène est prise au moment où les disciples, ici représentés par saint Pierre et saint Jean, reviennent au puits de Jacob et s’étonnent d’y trouver Jésus s’entretenant avec une femme de Samarie (cf. Jn 4, 1-30). Au centre, le puits de Jacob est stylisé en forme de piscine baptismale cruciforme. Ces piscines étaient creusées dans le sol des baptistères où les premiers chrétiens pratiquaient le baptême par immersion[1].
Derrière le puits s’élève l’arbre de vie dont le tronc unique s’épanouit en trois branches charpentières. Il figure ainsi Dieu un et trine. Selon le récit de la Genèse, le fruit de l’arbre de vie donne accès à la vie éternelle : Puis le Seigneur Dieu déclara : « Voilà que l’homme est devenu comme l’un de nous par la connaissance du bien et du mal ! Maintenant, ne permettons pas qu’il avance la main, qu’il cueille aussi le fruit de l’arbre de vie, qu’il en mange et vive éternellement ! » Alors le Seigneur Dieu le renvoya du jardin d’Éden […]. Et il posta, à l’orient du jardin d’Éden, les Kéroubim, armés d’un glaive fulgurant, pour garder l’accès à l’arbre de vie (Gn 3, 22-24).
Celui qui le désire, qu’il reçoive l’eau vive !
Cependant, « par l’Arbre, l’humanité est tombée, par l’Arbre, l’humanité va être sauvée ! » (saint Irénée) ; car l’accès à l’arbre de vie va être redonné à l’humanité quand, faite du bois de celui-ci, la croix du Christ va être dressée sur le monde : là, va jaillir du cœur transpercé du Fils bien-aimé du Père la source de l’eau vive du baptême, afin que tous, nous puissions renaître de l’eau et de l’Esprit, pour la vie nouvelle de fils de Dieu. C’est pourquoi, au-dessus du baptistère, au pied de l’arbre de la Croix, une flaque rouge représente le sang du Christ versé pour nous qui, en même temps que l’eau vive, a jailli de son cœur transpercé. Et c’est bien en ce sens que, à gauche du puits baptismal, le Seigneur Jésus est représenté comme assis sur son trône de Pantocrator. Il tient dans sa main gauche le rouleau de l’Évangile, et de sa main droite, il fait le geste du Tout-Puissant qui bénit l’eau, pour qu’elle devienne l’eau vive, l’eau lustrale du baptême :
« Dieu, notre Père,
par la grâce de ton Fils bien-aimé,
que vienne sur cette eau la puissance de l’Esprit Saint,
afin que tout homme qui sera baptisé,
enseveli dans la mort avec Lui,
ressuscite avec Lui pour la vie,
car Il est vivant pour les siècles des siècles. »
Et c’est alors qu’en nous l’Esprit et l’Épouse disent : « Viens ! » Celui qui entend, qu’il dise : « Viens ! » Celui qui a soif, qu’il vienne. Celui qui le désire, qu’il reçoive l’eau de la vie, gratuitement (Ap 22, 17).
Pierre-Marie Varennes
Le Christ et la Samaritaine, mosaïque, XVe s., Venise, basilique Saint-Marc. © akg-images / Cameraphoto.
[1]. Découvrez aussi une piscine baptismale très semblable, du baptistère de Kélibia (Tunisie), datée du vie siècle et conservée au musée national du Bardo, à Tunis.
Celui qui a soif, qu’il vienne !
Celui qui a soif, qu’il vienne !
Le 1 mars 2026
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La basilique Saint-Marc, à Venise – consacrée en 1094 – fut élevée pour servir d’écrin aux reliques de saint Marc qui furent rapportées par des marchands vénitiens du petit port de Bucoles (proche d’Alexandrie, en Égypte), là où l’évangéliste avait souffert le martyre.
Ses mosaïques sur fond d’or ont valu au sanctuaire d’être dénommée la « basilique d’or ». Pour celui qui y entre pour la première fois, l’impression d’être reçu dans un grandiose écrin de métal précieux est saisissante. Selon la symbolique orientale, l’or est la couleur du divin, c’est donc au cœur de la lumière divine – qui est Dieu lui-même – que, dans cette basilique, la divine liturgie déploie ses fastes. À cet effet, chacune des millions de tesselles d’or a été faite en verre de Murano transparent, enserrant une feuille d’or pur.
La mosaïque qui orne la couverture de votre Magnificat de ce mois est située au mur du transept sud. Elle a été réalisée au XIIIe siècle et refaite en partie au XVe siècle. La scène est prise au moment où les disciples, ici représentés par saint Pierre et saint Jean, reviennent au puits de Jacob et s’étonnent d’y trouver Jésus s’entretenant avec une femme de Samarie (cf. Jn 4, 1-30). Au centre, le puits de Jacob est stylisé en forme de piscine baptismale cruciforme. Ces piscines étaient creusées dans le sol des baptistères où les premiers chrétiens pratiquaient le baptême par immersion[1].
Derrière le puits s’élève l’arbre de vie dont le tronc unique s’épanouit en trois branches charpentières. Il figure ainsi Dieu un et trine. Selon le récit de la Genèse, le fruit de l’arbre de vie donne accès à la vie éternelle : Puis le Seigneur Dieu déclara : « Voilà que l’homme est devenu comme l’un de nous par la connaissance du bien et du mal ! Maintenant, ne permettons pas qu’il avance la main, qu’il cueille aussi le fruit de l’arbre de vie, qu’il en mange et vive éternellement ! » Alors le Seigneur Dieu le renvoya du jardin d’Éden […]. Et il posta, à l’orient du jardin d’Éden, les Kéroubim, armés d’un glaive fulgurant, pour garder l’accès à l’arbre de vie (Gn 3, 22-24).
Celui qui le désire, qu’il reçoive l’eau vive !
Cependant, « par l’Arbre, l’humanité est tombée, par l’Arbre, l’humanité va être sauvée ! » (saint Irénée) ; car l’accès à l’arbre de vie va être redonné à l’humanité quand, faite du bois de celui-ci, la croix du Christ va être dressée sur le monde : là, va jaillir du cœur transpercé du Fils bien-aimé du Père la source de l’eau vive du baptême, afin que tous, nous puissions renaître de l’eau et de l’Esprit, pour la vie nouvelle de fils de Dieu. C’est pourquoi, au-dessus du baptistère, au pied de l’arbre de la Croix, une flaque rouge représente le sang du Christ versé pour nous qui, en même temps que l’eau vive, a jailli de son cœur transpercé. Et c’est bien en ce sens que, à gauche du puits baptismal, le Seigneur Jésus est représenté comme assis sur son trône de Pantocrator. Il tient dans sa main gauche le rouleau de l’Évangile, et de sa main droite, il fait le geste du Tout-Puissant qui bénit l’eau, pour qu’elle devienne l’eau vive, l’eau lustrale du baptême :
« Dieu, notre Père,
par la grâce de ton Fils bien-aimé,
que vienne sur cette eau la puissance de l’Esprit Saint,
afin que tout homme qui sera baptisé,
enseveli dans la mort avec Lui,
ressuscite avec Lui pour la vie,
car Il est vivant pour les siècles des siècles. »
Et c’est alors qu’en nous l’Esprit et l’Épouse disent : « Viens ! » Celui qui entend, qu’il dise : « Viens ! » Celui qui a soif, qu’il vienne. Celui qui le désire, qu’il reçoive l’eau de la vie, gratuitement (Ap 22, 17).
Pierre-Marie Varennes
Le Christ et la Samaritaine, mosaïque, XVe s., Venise, basilique Saint-Marc. © akg-images / Cameraphoto.
[1]. Découvrez aussi une piscine baptismale très semblable, du baptistère de Kélibia (Tunisie), datée du vie siècle et conservée au musée national du Bardo, à Tunis.
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