dimanche 15 mars
4e dimanche du Carême

La Guérison de l’aveugle,
xve s., Amsterdam, Rijksmuseum.
On ne voit bien qu’avec le cœur
Christelle Javary
Le prophète Samuel est en quête du prochain roi d’Israël que Dieu a désigné : sur quels critères le reconnaître ? Le hasard du calendrier donne à cet épisode une actualité inattendue, alors qu’en ce mois de mars, les citoyens français sont appelés aux urnes pour élire leur futur maire : sur quels critères le choisir ? Le plus proche de nos convictions ? Celui qui fait les plus belles promesses – plus de services et moins d’impôts (un vrai miracle !) ? Le vieux routier expérimenté ou le nouveau venu ? Le plus diplômé ? Le plus sympathique sur la photo ? Samuel avait spontanément privilégié la haute taille, ce qui est compréhensible pour un futur chef de guerre. Mauvaise pioche ! « Dieu ne regarde pas comme les hommes : les hommes regardent l’apparence, mais le Seigneur regarde le cœur. » Demandons à l’Esprit Saint la même lucidité pour tous les choix que nous avons à poser.
Et cet homme assis à la sortie du Temple, comment le regarde-t-on ? Mendiant et aveugle de naissance, donc évidemment pécheur ou fils de pécheurs. Mais le Fils de Dieu, lui, voit les choses autrement, et surtout, il agit. Curieusement, il applique sur les yeux morts une couche de boue, ce qui aurait pour effet d’aveugler une personne normale. Cette double couche de cécité laisse entendre qu’il y a plusieurs manières de ne rien voir, voire de refuser de voir. S’étant lavé à la piscine de Siloé, l’homme est guéri – ses ennuis commencent. Il était relégué aux marges de la société, quasiment invisible ; le voici maintenant au centre de l’attention et, très vite, d’une polémique. Jésus ayant disparu, l’ancien aveugle est seul pour rendre compte de ce qui s’est passé.
Tourner les yeux vers la lumière
Pour les pharisiens présents, l’affaire est claire : tout ceci n’est que péché – celui des autres, bien sûr. Et c’est là que le bât blesse. Qu’il est difficile, au lieu d’accuser ses frères, d’ouvrir les yeux sur son propre péché ! En vérité, ce n’est supportable que sous le regard miséricordieux du Seigneur. S’il est venu chez les hommes comme « la lumière du monde », ce n’est pas pour condamner les pécheurs mais pour illuminer les cœurs droits, prêts à se laisser conduire vers le salut.
Ce dimanche de Laetare nous encourage à persévérer avec joie sur le chemin du Carême, car bientôt la gloire de la résurrection nous sera révélée, signe éclatant de la victoire du Fils. La lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée (Jn 1, 5). Demandons au Christ de guérir nos aveuglements afin d’accéder à la pleine clairvoyance de la foi. « Crois-tu au Fils de l’homme ? » : la question posée à l’ancien aveugle est adressée à chacun de nous. Quelle sera notre réponse ? Et comment se traduira-t-elle concrètement dans notre vie ? n
Découvrez après les lectures de la messe notre suggestion de prière universelle. Ces intentions sont à adapter en fonction de l’actualité et de l’assemblée qui célèbre.

Bonne fête ! Ménigne, Clément-Marie



