dimanche 18 janvier
2e dimanche du temps ordinaire
Semaine de prière pour l’unité des chrétiens

Jean Baptiste,
bois gravé, musée Denon.
Carte d’identité
Père Olivier Praud
Comme en écho à la voix divine surgie de la nuée au terme du baptême du Seigneur, Jean Baptiste désigne Jésus : « Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde. » Son identité profonde apparaît alors en pleine lumière : il est celui qui vient. Il sera toujours celui qui vient. Il vient du plus profond du cœur de Dieu, il est l’Amour fait chair pour le partager à tous les hommes. Cette première caractéristique de son identité est primordiale. Elle révèle la volonté éternelle de Dieu de rejoindre les hommes, de les ramener en sa communion et de converser avec eux comme avec des amis. Une venue simple, sans fanfare, qui appelle chacun à l’accueillir librement. Jean est saisi au plus profond de lui-même par ce mouvement, lui qui attend la réalisation de la parole d’Isaïe : Je fais de toi la lumière des nations, pour que mon salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre.
Le témoignage de Jean Baptiste ne relève donc pas d’un rapport d’enquête ou de l’article du bulletin paroissial. Il est l’expression de son expérience de la rencontre, du chamboulement intérieur qu’inaugure cette venue. C’est une deuxième caractéristique de son identité : quand le Christ s’approche, il vient à la rencontre sans arrière-pensée, sans condamnation préalable, et cela transforme ses interlocuteurs. Au point que ceux-ci découvrent le sens de leur vie comme une réalité toujours déjà en devenir au cœur de leur existence. « L’homme qui vient derrière moi est passé devant moi, car avant moi il était. »
Une troisième caractéristique de son identité est que cette venue se renouvelle sans cesse, car elle est l’expression du mystère même de Dieu. La vie trinitaire est, en son principe, une dynamique de va-et-vient amoureux. Le Père se donne au Fils qui se reçoit pour mieux se donner en retour dans la grâce de l’Esprit d’amour qui les unit. Venir à la rencontre des hommes, c’est leur offrir la possibilité d’entrer à leur tour dans ce même mouvement, de se laisser attirer par l’amour miséricordieux et salutaire. L’identité de Jésus est bien « celui qui vient », car il fait venir les hommes à la vérité de leur propre mystère, celui d’être aimés et sauvés par Dieu.
Heureux les invités au repas des noces de l’Agneau
Voilà pourquoi la parole de Jean Baptiste résonne encore et toujours comme invitatoire pour recevoir le sacrement de l’eucharistie. Elle appelle chacun à se mettre en mouvement pour oser désigner celui qui vient. Souvent réclamée par certain devant la crainte de l’effacement, la visibilité de l’Église ne peut se rapporter à elle-même, mais à celui qu’elle doit rendre visible dans le monde d’aujourd’hui. n
Découvrez après les lectures de la messe notre suggestion de prière universelle. Ces intentions sont à adapter en fonction de l’actualité et de l’assemblée qui célèbre.

Bonne fête ! Prisca, Marguerite (de Hongrie), Béatrice (d’Este)



