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Dépossession

Le 4 octobre 2026

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dimanche 4 octobre

27e dimanche du temps ordinaire

Parabole des vignerons homicides,
xviie s., Amsterdam (Pays-Bas), Rijksmuseum.

Dépossession

Père Olivier Praud

Alors que les vendanges viennent de s’achever, l’image du vigneron qui prend soin de sa vigne est familière. Pourtant, elle semble prise en défaut par des vignerons peu scrupuleux qui veulent accaparer la vigne, sa récolte, et jusqu’à sa propriété. L’Écriture sainte ne cesse de la méditer, tant elle caractérise les vicissitudes de l’alliance entre Dieu et les hommes. Que ce soit en pillant la création ou en exploitant la nature, en réduisant son semblable à une variable d’ajustement d’un système à bout de souffle à force de n’être plus capable de partager et de prendre soin du petit et du pauvre, ou en suscitant des conflits toujours plus violents, l’homme ne cesse de ressembler aux vignerons homicides de la parabole. Jouir de l’héritage que Dieu promet ne peut relever de la possession, mais à l’inverse de la dépossession, du don. Rendre au Père le fruit de la vigne n’est pas perdre ou se retrouver sans rien. Au contraire, c’est entrer dans la logique du Royaume et reconnaître que tout vient de lui par grâce.

Pourtant, si Jésus raconte cette parabole, ce n’est pas pour en rester à un simple constat de désolation ou en condamner les protagonistes actuels. Il veut bien plutôt parler de la mission qui lui a été confiée par son Père. Lui, le Fils, a été envoyé à la vigne pour en récolter les fruits. Il a entendu la prophétie d’Isaïe et il connaît l’homme. Mais, parce qu’il est l’homme véritable selon le cœur de Dieu, il désigne le centre de gravité de toute fécondité : « La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle, c’est là l’œuvre du Seigneur ! » En citant le psaume 117 (v. 22), Jésus oblige à se placer dans l’éclat lumineux de Pâques. Ce que le Seigneur a fait, et qu’il renouvelle sans cesse, c’est de transformer la mort en vie. Plus encore, lui, le Fils accepte que son sacrifice devienne le sacrement d’une vie donnée par amour du Père dans la puissance de l’Esprit. À chaque eucharistie, c’est bien ce mystère qu’il est proposé de vivre, et d’en faire le dynamisme de toute vie humaine pour qu’elle porte le fruit désiré par Dieu.

Le vin de la joie

Voilà pourquoi Jésus ne confie pas la vigne à un autre peuple, à un groupe plus performant, ou à une autre caste de membres sélectionnés selon des critères moraux ou mondains. Il suscite plutôt un peuple nouveau dont la qualité ne vient pas de lui-même, mais de Celui qui le constitue. Le Père en reconnaît les membres à leur capacité à discerner ses merveilles et à en rendre grâce. Au cœur du mystère eucharistique, la coupe de vin semble parfois reléguée au second plan face à l’hostie de pain consacré. Pourtant, elle est autant nécessaire à cette communion véritable à laquelle le sacrement introduit. Elle nous introduit à la joie véritable du maître de la vigne. n

Découvrez après les lectures de la messe notre suggestion de prière universelle. Ces intentions sont à adapter en fonction de l’actualité et de l’assemblée qui célèbre.

Bonne fête ! François (d’Assise), Aure, Aurianne, Oranne

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Le Christ à la mer de Galilée, Circle of Jacopo Tintoretto (Probably Lambert Sustris), Anonymous Artist - Venetian, 1518 or 1519 - 1594. © National Gallery of Art, New-York