dimanche 22 février
1er dimanche du Carême

Le Christ tenté par le diable,
1676, Washington D.C., NGA.
Jésus, le battant
Père Guillaume de Menthière
Nous payons cher l’oubli du diable. Marcel Gauchet a montré comment la foi monothéiste avait produit le désenchantement du monde. Quand on croit en un Dieu unique, on ne voit pas des petits dieux partout. Semblablement, croire au diable produit une dédiabolisation du monde. Si le diable existe, s’il est un ange déchu, s’il est cet être personnel, cela veut dire que ni ma belle-mère ni mon patron ne sont le diable. Ils sont peut-être le jouet du diable, mais ils ne sont pas le diable. Si nous avons tendance à trouver le monde diabolique, c’est parce que nous avons perdu le sens de ce caractère personnel du diable, sombre créature dressée contre Dieu.
Détruire les œuvres du diable
Pourtant saint Jean nous prévient, et avec quelle force : Petits enfants, que nul ne vous égare […] : c’est pour détruire les œuvres du diable que le Fils de Dieu s’est manifesté (1 Jn 3, 7.8). Il faut arrêter de tourner autour du pot. Jésus n’est pas descendu du ciel pour faire une promenade sur la terre. Il ne s’est pas fait homme pour voir comment ça faisait d’être humain, pour faire du tourisme, une petite virée exotique, ou une tournée électorale. Non ! Jésus n’est pas simplement un compagnon d’humanité qui viendrait ouvrir le dialogue et les pourparlers. Il n’a pas créé une commission pour voir s’il était opportun pour l’homme de ne plus pécher. Jésus n’est pas un politique ni un diplomate, il est essentiellement un guerrier. Il est venu guerroyer contre Satan, qui tenait despotiquement l’humanité captive.
Réveille ta vaillance
C’est Jésus, habité par l’Esprit, qui va au-devant du diable comme le guerrier valeureux marche à la rencontre de son ennemi. Les tentations du Christ ne sont pas comme les nôtres. En effet, autour de nous, Satan, comme un lion rugissant, rôde, cherchant qui dévorer (1 P 5, 8). C’est Satan qui s’approche pour combattre l’homme, mais c’est Jésus qui s’approche pour combattre Satan. Normal, il est venu pour cela. Il va le chercher sur son terrain. Les tentations ne sont pas une péripétie imprévue survenue alors que Jésus faisait une retraite dans le désert. Il est venu dans ce désert pour les subir. Les tentations ne sont pas un désagrément fortuit dans le havre de paix que le Christ est venu chercher au désert. Elles sont la raison même de la venue de Jésus au désert. Le Seigneur n’a pas été imprudent, il ne s’est pas aventuré dans un lieu où il a fait une rencontre malencontreuse, comme le petit chaperon rouge a croisé le loup dans la forêt. Que diable, si j’ose dire, allait-il faire dans ce désert ? C’est sciemment et pour combattre qu’il entre au désert comme le rétiaire ou le gladiateur dans l’arène. n
Découvrez après les lectures de la messe notre suggestion de prière universelle. Ces intentions sont à adapter en fonction de l’actualité et de l’assemblée qui célèbre.

Bonne fête ! Isabelle, Isabeau, Iseline, Isoline, Maximien



