dimanche 16 août
20e dimanche du temps ordinaire

Le Christ et la Cananéenne,
Annibale Carracci (1560-1609), NYC, MET.
Maison de prière pour tous les peuples
Sœur Marie-Hélène Robert
Quelles sont les conditions pour faire partie du peuple de Dieu ? Les non-Juifs peuvent-ils avoir accès à la faveur de Dieu ? C’est un enjeu crucial pour la génération apostolique.
Puisque tu fais miséricorde
Pour le prophète Isaïe, toute personne qui respecte le droit et la justice, qui honore Dieu, le sert et aime son nom, qui pratique le sabbat et qui se tient dans l’alliance de Dieu a le droit de participer à la prière du Temple : il fait légitimement partie de la maison de Dieu. La ligne ne passe pas entre les membres des tribus d’Israël et les autres, mais tient compte de la disposition morale et religieuse des personnes. C’est un chemin de salut. Le psalmiste le voit s’étendre parmi toutes les nations que Dieu gouverne avec droiture. L’Apôtre Paul constate que dans la communauté de Rome, les disciples de Jésus issus du peuple juif et venus des nations peinent à se respecter. Il les appelle à l’unité et développe une théologie du salut, dont nous n’avons ici qu’un court extrait, où Dieu fait miséricorde à tous, Juifs et païens.
Femme, grande est ta foi
Le dialogue entre Jésus et la femme cananéenne est un des rares exemples où Jésus s’adresse à ceux qui ne font pas partie du peuple d’Israël. Il est sur le territoire de Tyr et de Sidon, qui symbolise les nations païennes. Les disciples n’adressent pas la parole à cette femme dont le dialogue avec le Christ semble arraché par sa ténacité. Malgré les obstacles culturels et religieux, Jésus accepte de lui parler. Étant en territoire païen, il s’adresse à elle en proverbe, le langage et la sagesse des nations, plutôt qu’en parabole : « Il n’est pas bien de prendre le pain des enfants et de le jeter aux petits chiens. » La femme réplique par un autre proverbe : « Justement, les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres. » Jésus n’admire pas sa sagesse mais sa foi. Elle sait qu’aux yeux d’un Juif les Cananéens sont habituellement déconsidérés. Mais elle sait aussi que Jésus, qu’elle appelle « Seigneur [Maître], fils de David », est capable d’une grande compassion et qu’il peut sauver sa fille. Elle se prosterne devant lui. La foi de la Cananéenne est propulsée par l’amour qu’elle porte à sa fille tourmentée par un démon. Cet amour la remplit d’une humilité à toute épreuve, qui transparaît dans sa persévérance et dans sa repartie remplie de sagesse.
Si Jésus n’a été « envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël », ce dialogue préfigure l’annonce du salut aux nations. La renommée de Jésus a déjà dépassé les limites d’Israël. Les nouveaux venus à la foi sont un trésor, ils entrent avec confiance dans le projet de Dieu, qui veut sauver toute l’humanité, malgré nos regards parfois limitatifs et limités. n
Découvrez après les lectures de la messe notre suggestion de prière universelle. Ces intentions sont à adapter en fonction de l’actualité et de l’assemblée qui célèbre.

Bonne fête ! Armel, Armaël, Armaëlle, Armelle, Roch, Béatrice, Étienne (de Hongrie)



