dimanche 23 novembre
Solennité du Christ Roi de l’univers

Salvator Mundi,
Jacques Callot (1592-1635), NGA, Washington D.C.
Règne de justice, d’amour et de paix
Père Olivier Praud
Célébrer Jésus comme Roi de l’univers semble incongru, sinon aussitôt à employer les mots de la préface pour caractériser cette solennité : « règne de vie et de vérité, règne de grâce et de sainteté, règne de justice, d’amour et de paix ». Le dialogue entre Pilate et Jésus sur la royauté reflète la difficulté à comprendre le sens de cette fête, instituée en 1925 par le pape Pie XI. En indiquant que sa royauté n’est pas de ce monde, Jésus trace une limite infranchissable. Si la tentation de maîtriser la destinée de la société a traversé l’Église tout au long de son histoire, jusque dans les avatars d’un contrôle des consciences, ce n’est pas le chemin tracé par son existence. L’Évangile ne peut être la caution morale de quelque projet politique ou sociétal que ce soit. Au contraire, en étant dépouillé de la toute-puissance sur la croix, Jésus manifeste que son pouvoir n’est pas celui des armes, de la tyrannie ou de l’économie, mais celui du pardon et de la miséricorde. « Aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. » Dans la Bible, la vocation du roi est de prendre soin du peuple au nom de Dieu et de servir les pauvres. L’onction qu’il reçoit est une invitation à devenir un pasteur qui guide le peuple à la rencontre du Seigneur. Dès lors, tout pouvoir est interrogé en son fondement. Est-il au service de cette humanité nouvelle qui s’est esquissée dimanche après dimanche : une humanité dont l’espérance est celle des béatitudes ? une humanité dont l’identité est d’être associée intimement à Jésus ? une humanité dont le langage est celui du don et de la miséricorde ? Célébrer ce modèle de royauté invite également à saisir que le Christ est le cœur battant de l’histoire et qu’il désire rassembler l’humanité entière. Ce monde ne court pas à sa perte ou à son effondrement. À rebours de toute collapsologie, Jésus sollicite la liberté personnelle de tous pour contribuer, avec son génie propre, à édifier l’aujourd’hui du Royaume. Même le malfaiteur crucifié auprès de lui entend cet appel à la conversion et au repentir : « Souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton Royaume. » Ce dernier deviendra visible quand, au-delà des oppositions en tous genres qui divisent, tous se rassembleront dans la paix.
La royauté du baptême
À chaque baptême est rappelé que nous participons à la dignité du Christ, prêtre, prophète et roi. En d’autres termes, il faut exercer cette royauté comme le Maître et Seigneur qui lave les pieds de ses disciples, qui donne le pain à ceux qui ont faim, qui accueille et relève ceux qui s’approchent de lui. Que l’invitation qui surgit au cœur du Notre Père nous introduise à cette espérance : « Que ton règne vienne » ! n
Découvrez après les lectures de la messe notre suggestion de prière universelle. Ces intentions sont à adapter en fonction de l’actualité et de l’assemblée qui célèbre.

Bonne fête ! Clément, Clémentine, Séverin (de Paris), Séverine, Colomban



