dimanche 2 août
18e dimanche du temps ordinaire

La Multiplication des pains et des poissons,
Maerten de Vos (1532-1603),
Amsterdam, Rijksmuseum.
Dieu rassasie avec bonté
Sœur Marie-Hélène Robert
Les textes de ce dimanche témoignent de la bonté du Seigneur, de sa compassion et de son soutien qui nous garantissent que ni la détresse, l’angoisse, la persécution, la faim, le dénuement, le danger, le glaive (Rm 8, 35), ne pourrons nous séparer de l’amour du Christ. Alors comment Dieu vient-il rassasier notre faim ?
Faim de la Parole et de l’eucharistie
L’évangéliste Matthieu voit souvent en Jésus un nouveau Moïse. Le miracle des pains et des poissons de l’Évangile évoque la manne et les cailles de l’Exode, qui rassasient le peuple (cf. Ex 16, 13), tandis que les paniers pleins font penser au miracle d’Élisée (cf. 2 R 4, 42-44). La liturgie a choisi de nous faire écouter le livre d’Isaïe qui nous rappelle qu’il faut cesser de se fatiguer pour ce qui ne rassasie pas (Is 55, 2). Dieu invite en effet au festin de la parole qui fait vivre. Écouter Dieu est un régal (cf. v. 2). Ses paroles comblent qui se tourne vers lui et médite combien le Seigneur est vrai en tout ce qu’il dit, fidèle en tout ce qu’il fait (Ps 144, 13).
Jésus sait que la mort de Jean Baptiste est le prélude à la sienne. En donnant sans compter du pain à la foule, il annonce qu’il sera le pain offert à la multitude, le pain qui rassasie vraiment. Le récit de l’institution eucharistique dans l’Évangile de Matthieu (cf. chap. 26) emploie les mêmes termes : Jésus prend le pain, prononce la bénédiction, le rompt et le donne aux disciples. Il forme ici ses disciples à avoir compassion de la foule et à lui donner à manger avant de la renvoyer. Les disciples, après avoir un peu résisté devant l’énormité de la situation, exécutent ce que Jésus leur demande de faire et ne manifestent ici ni surprise ni admiration envers lui. Alors que Jésus a été saisi de compassion envers eux et guérit leurs malades (14, 14), le texte ne donne aucune réaction devant le miracle de la foule qui s’assied et mange (cf. v. 21). Jésus accomplit sa mission, sachant qu’elle portera du fruit le moment venu.
Faim du pain quotidien
L’expérience de la faim est concrète. Même si nous sommes parfois enclins à l’oublier, c’est pour de nombreuses familles une question de vie ou de mort. Pourtant, le psalmiste s’émerveille devant Dieu qui ouvr[e] [l]a main [et qui] le rassasi[e] avec bonté tout ce qui vit (Ps 144, 16). La profusion de biens qui découle de son œuvre créatrice vient de son cœur, qui est bon pour tout être vivant. Alors pourquoi la faim tenaille-t-elle encore tant d’innocents ? La générosité de Dieu est cruellement court-circuitée par la cupidité et l’indifférence humaines. Créés à son image, nous sommes appelés à rassasier les faims avec la même bonté. Les restes ramassés dans douze paniers disent peut-être que chaque disciple aura encore bien des foules à nourrir. n
Découvrez après les lectures de la messe notre suggestion de prière universelle. Ces intentions sont à adapter en fonction de l’actualité et de l’assemblée qui célèbre.

Bonne fête ! Julien, Julian, Julianne, Pierre-Julien, Rutilius



