dimanche 6 septembre
23e dimanche du temps ordinaire

Le Christ et ses disciples,
Léonard Gaultier (1561-1641),
Washington D.C., NGA.
Un, deux, trois…
Père Alain Faucher
Jésus actualise la voix antique du prophète Ézékiel. Le passage retenu pour la proclamation publique de ce jour s’ouvre sur l’image romantique du veilleur. Ses fonctions sont importantes. Il assure la sécurité de la ville pendant que chacun profite du sommeil du juste. Cette première allusion aux tâches du veilleur nous laisse pourtant imaginer le drame d’une infiltration ennemie. Au pire, le veilleur sera considéré comme responsable s’il n’a pas dénoncé les comportements du méchant. On lui tiendra rigueur du sang versé à cause du déviant. À notre époque, ces soupçons ont encore cours.
Les commentaires de Jésus sur la vie communautaire évoquent aussi une telle responsabilité commune. Qui découvre une brèche dans la conduite d’autres personnes de la communauté doit dénoncer ! Cela peut se faire en personne, et aussi avec l’assistance d’un ou deux autres témoins. Si l’intervention ne donne rien, on en saisit l’assemblée de l’Église. C’est certain, il ne faut pas laisser aller les choses… Pour reprendre les propos de la 2e lecture, l’intervention fait partie de la dette de l’amour mutuel. Elle permet d’accomplir la Torah.
Gardiens de nos frères
Cette dette de l’amour mutuel encourage à maintenir au plus haut le niveau d’honneur du groupe communautaire. La communauté doit réagir car son honneur est en jeu. Elle risque d’être submergée par la honte face au regard des autres. En ces temps où l’honneur était la valeur suprême, la communauté devait éviter tout déshonneur. Elle trouvait grand profit à sauvegarder sa réputation. De même qu’il est normal selon Jésus de s’allier d’autres membres de la communauté pour implorer, de même il est possible et logique de suivre une procédure similaire pour affronter des comportements inadéquats. Nos communautés peuvent être mal à l’aise de jouer cette carte de l’honneur. Cela s’explique par la discrétion sociale dans laquelle nous fonctionnons actuellement. Nous aurions avantage à recadrer la dette de l’amour mutuel selon les propos constructifs de Jésus. Il évoque les efforts bénéfiques de deux ou trois personnes réunies en son nom pour implorer. Cela traduit à quel point la construction du royaume de Dieu est une œuvre solidaire. Même si elle s’accomplit avec deux ou trois personnes à la fois, elle s’effectue en continu dans une ambiance positive.
Avec une seule dette : l’amour mutuel que se vouent les membres engagés dans la construction à long terme du royaume qui a pour chef le Seigneur Dieu. n
Découvrez après les lectures de la messe notre suggestion de prière universelle. Ces intentions sont à adapter en fonction de l’actualité et de l’assemblée qui célèbre.

Bonne fête ! Bertrand, Bertrande, Zacharie



