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Principe de réalité

Le 18 octobre 2026

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dimanche 18 octobre

29e du temps ordinaire ; 100e journée de la mission universelle de l’Église

Le Denier de César,
xviiie s., Amsterdam, Rijksmuseum.

Principe de réalité

Père Olivier Praud

Les études sociologiques du christianisme contemporain cherchent à brosser le portrait des sensibilités religieuses ou des orientations politiques qui le traversent. Au-delà de leur intérêt évident pour qualifier les évolutions et les dynamismes de la vie ecclésiale, elles témoignent d’un principe de réalité : les disciples de Jésus vivent dans un temps et une culture qui les obligent. Au risque d’un spiritualisme béat, ils ne peuvent s’extraire des préoccupations élémentaires du quotidien – payer ses impôts, participer à la vie de la cité – comme des débats de leur époque. Aussi, la distinction posée par le Christ est salutaire à double titre.

Tout d’abord, elle repose sur sa manière de regarder la réalité. Ici, la pièce et l’effigie qu’elle porte désignent le monde et la vie de tous les hommes. Il y voit plus qu’un simple morceau de métal chargé de codifier des échanges commerciaux et mercantiles. Jésus la contemple avec la profondeur de celui qui partage la vie humaine comme une promesse. Il n’a de cesse de la ramener à cette origine créatrice qui lui donne sa véritable identité : Je t’ai appelé par ton nom. Ensuite, en demandant de rendre à Dieu ce qui est à Dieu, Jésus dépasse une simple répartition entre les choses de ce monde et celles du ciel, entre ce qui serait profane et ce qui serait sacré. Au contraire, il dévoile que toute réalité peut devenir une opportunité pour servir la véritable royauté de Dieu ; elle se déploie comme charité. En quelque sorte, cette distinction est un appel à ne pas s’exonérer des devoirs de la vie concrète et d’y faire surgir la présence vivifiante de Dieu. Tout homme doit donc exercer son regard et sa liberté pour désigner les lieux où cette différence est salutaire, afin de servir la vie depuis son début jusqu’à sa fin, dans sa beauté comme dans sa fragilité.

Offrande eucharistique

La distinction posée par Jésus en réponse aux pharisiens trouve son accomplissement au début de la liturgie eucharistique. En apportant le pain et le vin, signes de la vie et du travail des hommes de ce temps, il ne s’agit pas seulement d’un geste pratique et nécessaire. Sinon, le risque serait d’en rester à un donnant-donnant avec Dieu. Au contraire, la prière prononcée sur eux invite à renoncer au risque d’en faire des idoles. Elle témoigne que Dieu est à la source de tout bien : « Nous avons reçu de ta bonté le pain, le vin que nous te présentons. » Alors, lui rendre grâce pour ses dons, c’est accepter dans le même mouvement de les recevoir à nouveau dans le sacrement de l’eucharistie, comme le pain et le vin de la nouvelle Alliance pour en vivre chaque jour. n

Découvrez après les lectures de la messe notre suggestion de prière universelle. Ces intentions sont à adapter en fonction de l’actualité et de l’assemblée qui célèbre.

Bonne fête ! Luc

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Le Christ à la mer de Galilée, Circle of Jacopo Tintoretto (Probably Lambert Sustris), Anonymous Artist - Venetian, 1518 or 1519 - 1594. © National Gallery of Art, New-York