dimanche 21 juin
12e dimanche du temps ordinaire

L’Envoi en mission,
gravure, xixe s.
Manifestation !
Père Olivier Praud
Depuis ces dernières années, une forme de paradoxe s’établit progressivement : d’un côté, des appels à la transparence ne cessent de se multiplier face à des convictions supposées cachées, voire des complots ; de l’autre, le refus du dialogue ou des discussions critiques pour mieux défendre des positions absolues. Les calomnies de la foule qu’affrontait Jérémie ne sont finalement pas différentes aujourd’hui à l’ère des réseaux sociaux ! Parce que le Seigneur scrute les reins et les cœurs, alors les paroles de Jésus ne sont pas surprenantes : « Rien n’est voilé qui ne sera dévoilé, rien n’est caché qui ne sera connu. » Jésus parle d’abord de lui-même et de la vie qu’il partage avec son Père. Ce qui était caché et qui est désormais dévoilé, c’est Dieu lui-même. Il n’est pas le très-loin-tout-autre-tout-puissant-tout-différent. Au contraire, il se manifeste dans la pleine clarté de Pâques. Il n’est jamais aussi visible que dans la déréliction du Golgotha. Tel est le véritable paradoxe : le mystère de la Croix révèle le dynamisme intérieur de l’amour divin qui est sa nature même et qui déchiffre toute vie. Ainsi, sur le visage humain du Fils brille la beauté du Père par l’Esprit qui les unit. Ce mystère n’est pas mystérieux, au sens d’inconnaissable, mais il se donne à la mesure de notre désir de le rechercher. Mais, Jésus parle aussi des hommes : « Vous valez bien plus » ! Bien plus que tout ce qui défigure l’humanité, que tout ce qui masque la vérité d’une existence humaine, que tout ce qui travestit notre identité. Jésus ne regarde pas le plus apparent, mais la plénitude de vie à laquelle chacun est appelé : être fils dans le Fils. Il y a de multiples résistances à cette vocation, qu’elles soient de notre fait ou des aléas de ce temps, de la facilité à abîmer la Création ou à dévaluer ce qui ou celui qui est différent de nous ! La valeur chrétienne de l’existence humaine repose sur le salut promis et la miséricorde divine qui l’accompagne, et non sur des critères limités ou fantasmés. Avec les mots de Jésus, cette valeur prend une intensité nouvelle, impérissable, parce qu’elle est de l’ordre de la grâce et ainsi offerte à tous. Elle ne peut être l’apanage de quelques privilégiés triés à l’aune de critères secrets ou à la discrétion d’une autorité, mais devient la fondation de la véritable identité du disciple, non une identité fondée sur un âge d’or supposé, mais l’expression du risque assumé par Dieu de venir à la rencontre de tous les hommes.
Proclamez-le sur les toits.
Il faut donc savoir écouter ce que Jésus murmure à l’oreille de chacun. La dignité de l’homme ne tient pas d’abord à sa probité ou à la rectitude de ses seules convictions, mais à l’amour que Dieu a de toujours et pour toujours pour lui. Sa parole est à l’exact opposé de la rumeur ou de la calomnie, car elle est une parole de bien, une « béné-diction ». L’invitation de Jésus ne demande donc pas les techniques élaborées d’un expert en parachutisme ou en communication médiatique. Elle fait naître la liberté du témoignage qui rencontre et suscite une autre liberté. n
Découvrez après les prières de la messe notre suggestion de prière universelle. Ces intentions sont à adapter en fonction de l’actualité et de l’assemblée qui célèbre.

Bonne fête ! Louis (de) Gonzague, Gonsalve, Raoul, Rodolphe, Rudolf, Méen, Mewen



