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Généreuses semailles

Le 12 juillet 2026

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dimanche 12 juillet

15e dimanche du temps ordinaire

La parabole du semeur,
Hendrick Goltzius (1558-1617),
Amsterdam, Rijksmuseum.

Généreuses semailles

Christelle Javary

« Le semeur sortit pour semer » : la tautologie pourrait faire hausser les épaules. Évidemment que le semeur sème, il ne va pas jeter le filet dans la mer ! Et si ces quelques mots nous invitaient d’emblée à être attentifs à la manière dont le semeur s’acquitte de sa tâche : avec une inlassable persévérance. Comme il a le geste large, en effet, presque jusqu’à l’absurde ! À quoi bon gaspiller les précieux grains sur un premier terrain stérile (le bord du chemin), puis un deuxième (le sol pierreux) et encore un troisième (les ronces), avant d’atteindre enfin la bonne terre ? C’est que le semeur « sortit pour semer » – de moisson, il n’est pas encore question. À chaque pas, sa main s’ouvre généreusement pour donner sa chance à la portion de terre qu’il est en train de fouler, si improbable que soit un résultat favorable. Au-delà de la persévérance, c’est peut-être plus profondément de patience et surtout d’espérance qu’il est question ici.

Curieusement, un élément indispensable à tout travail des champs est absent de la parabole évangélique, mais irrigue en revanche la première lecture : c’est l’eau. Alors que le changement climatique nous expose de plus en plus au risque de la sécheresse et même de la désertification de certaines régions, nous redécouvrons à quel point l’eau est précieuse. Indispensable source de vie, donnée gratuitement, elle circule entre ciel et terre, puis entre terre et ciel, en un puissant mouvement d’unification. De même, la parole de Dieu est adressée à l’ensemble de l’humanité dont elle attend en retour la réponse pour tisser l’Alliance ; sa fécondité est infaillible, quoique parfois mystérieuse ou très discrète. Fertilisée par l’eau du ciel, la terre produit le grain, donnant la semence au semeur, ce même semeur anonyme qui dans l’Évangile « sortit pour semer ». La boucle est bouclée !

Quel terrain sommes-nous ?

Pour que le geste généreux du semeur ne soit pas vain, pour que nous portions le fruit que Dieu désire, considérons comme des points de vigilance les circonstances adverses qui empêchent la croissance. Les grains tombés au bord du chemin, c’est la Parole mise de côté, qui reste étrangère au cœur et à l’esprit. Le sol pierreux laisse peu de chance aux racines, indispensables pour recueillir l’eau aux profondeurs de la terre ; de même, la légèreté et la superficialité s’opposent à la persévérance et au développement patient de l’intériorité par la prière. Enfin, les ronces représentent le souci du monde et la séduction de la richesse, c’est-à-dire l’attachement mal ajusté aux réalités terrestres, alors que seules, la confiance en Dieu et la pauvreté de cœur nous rendent libres, sereins et féconds pour nous-mêmes et pour le monde. n

Découvrez après les lectures de la messe notre suggestion de prière universelle. Ces intentions sont à adapter en fonction de l’actualité et de l’assemblée qui célèbre.

Bonne fête ! Louis (Martin), Zélie (Guérin), Azélie, Zélia, Olivier

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Le Christ à la mer de Galilée, Circle of Jacopo Tintoretto (Probably Lambert Sustris), Anonymous Artist - Venetian, 1518 or 1519 - 1594. © National Gallery of Art, New-York