dimanche 5 juillet
14e dimanche du temps ordinaire

Gravure, xxe s.
No kids / kids only
Christelle Javary
Vous êtes en avance à la messe (bravo !) et vous consultez votre Magnificat. Grincement de poussette, puis : « Tiens, Gaspard, ton coloriage », « Charlotte, n’embête pas ton frère ! » – le bébé se met à pleurer. Vous soupirez ostensiblement ? Vous fusillez les parents du regard ? Vous changez de place ? Alors, vous êtes de tendance no kids (pas d’enfants), ce mouvement d’opinion qui veut interdire l’espace public aux enfants, jugés remuants, bruyants ou mal élevés. Le haut-commissariat français à l’Enfance s’en est ému, au point de lancer un label « Le choix des familles » pour signaler les établissements où les enfants sont bienvenus.
Or le royaume de Dieu est au contraire kids only (réservé aux enfants), nous dit Jésus dans l’Évangile de ce dimanche. Car c’est aux « tout-petits » qu’il a plu au Père céleste de se révéler. Les « sages et [les] savants » – bref, les grands – n’ont rien compris, rien perçu, encombrés de soucis et de certitudes. Vertigineux : le « Seigneur du ciel et de la terre », le Créateur de l’univers se reflète avec joie dans ce qu’il y a au monde de plus faible et de plus démuni : un bébé – oui, comme le braillard en poussette à côté de vous. Et Jésus s’en émerveille, il jubile, il laisse la louange déborder de son cœur. C’est qu’il est le Fils, et il trouve toute sa joie à se recevoir de son Père. Bien sûr, à ce moment de sa vie, Jésus est adulte et il ne demande pas à ses disciples de régresser, comme Nicodème supposant que, pour naître d’en haut, il faudrait rentrer dans le ventre de sa mère (cf. Jn 3, 4). Mais le tout-petit, totalement dépendant de l’amour de ses parents, nous convoque à la même confiance envers notre Père céleste.
La douceur victorieuse
Que Jésus soit « doux et humble de cœur » (Mt 11, 29) n’est pas vertu ni heureux trait de caractère, c’est la conséquence d’être le Fils qui se tient à chaque instant, amoureusement, sous le regard de son Père. Le désir de conquête et l’esprit de domination, que nous associons spontanément à la toute-puissance, sont parfaitement étrangers à cette relation unique qui révèle la toute-puissance de l’amour.
Le prophète Zacharie promettait à Jérusalem la visite de son roi, non comme un guerrier redoutable à cheval, mais comme un roi de paix monté sur un ânon, le petit d’une ânesse (Za 9, 9). Vision idyllique, voire naïve ? Le jour des Rameaux, Jésus entre à Jérusalem sur une semblable monture, sous les acclamations de la foule. Or il n’ignore pas qu’il va vers la croix, conduit par l’Esprit et toujours docile à la volonté de son Père. En réponse, au matin de Pâques, le Père le consacrera premier-né d’entre les morts (Col 1, 18), victorieux du péché, ayant renoué pour toujours l’Alliance de paix entre la famille humaine et son créateur. n
Découvrez après les lectures de la messe notre suggestion de prière universelle. Ces intentions sont à adapter en fonction de l’actualité et de l’assemblée qui célèbre.

Bonne fête ! Antoine-Marie, Cyprille



