RETARD DANS LA DISTRIBUTION DU NUMÉRO DE DÉCEMBRE

Avec la grève de la Poste Canadienne en cours, votre exemplaire de décembre sera probablement livré en retard.
Nous vous proposons de retrouver votre Magnificat en numérique en attendant de recevoir l’exemplaire papier.

 Cliquez ici.

Le Christ, sorti du Père

Le 17 mai 2026

Partager sur :

dimanche 17 mai

7e dimanche de Pâques

Journée chrétienne de la communication

Je suis la vigne, xviie s.

Le Christ, sorti du Père

Père Philippe Lefebvre

Ces paroles de Jésus à son Père avant la Passion donnent un écho de la « langue » que parlent entre eux le Père et le Fils. J’entends par là que notre texte fait entendre des termes essentiels qui, pris et repris, agencés, annoncés, déployés, suggèrent « quelque chose » du dialogue éternel du Père et du Fils. Au commencement, comme nous l’apprend le début de la Genèse, Dieu parle avant de créer. Pourquoi le fait-il ? Pourquoi ne mentionne-t-on pas tout simplement que Dieu créa chaque jour telle ou telle réalité sans qu’il ait besoin d’annoncer ce qu’il va faire ? C’est parce que Dieu – celui que le Christ désigne aujourd’hui comme le Père – fait sortir son Verbe. De la personne du Créateur sort la personne du Fils qui est Parole. C’est ce Fils-Parole qui mène à bien le vouloir du Père et crée chaque jour ce que le Père a voulu. Et le Père, considérant l’œuvre de création en train de se déployer, voit que cela est bon, très bon (Gn 1). Dans l’Évangile de Jean, le Fils-Verbe, « sorti du Père », comme il le dit lui-même juste avant notre passage (Jn 16, 28), a accompli cette fois l’œuvre de rédemption : donner la vie éternelle à tous ceux que le Père a confiés au Fils.

Accomplissement

Le début de la Genèse résonne donc dans ces propos du Christ ; il résonne dans notre Évangile, depuis les premiers mots qui reprennent les paroles du commencement : Au commencement était le Verbe… (Jn 1, 1s.). Or, un autre début de livre biblique peut aussi être perçu dans ce texte : le commencement des livres de Samuel — ces livres qui vont évoquer les deux premiers rois messies d’Israël : Saül, puis David. La page inaugurale de ces livres nous montre une femme stérile, Anne, qui demande au Seigneur, dans son sanctuaire, un fils – une semence d’homme (1 S 1, 11). Le verbe « donner » revient sans cesse dans les propos d’Anne, comme dans notre passage de Jean – en hébreu, c’est le verbe shaal qui, selon les modes auxquels il est employé, signifie « demander » ou « donner ». De fait, Anne mettra au monde Samuel, puis cinq autres enfants, et elle annoncera dans un cantique inspiré la venue d’un messie (cf. 1 S 2, 1-10). Les enfants impossibles dont elle a cependant accouché annoncent ce Fils mystérieux que Saül, puis David préfigurent et qui apparaîtra pleinement dans la personne du Christ. Dans les paroles du Christ, c’est un accomplissement qui se dessine : la gloire que le Fils avait avant la création du monde, voici qu’elle marque et englobe tous ceux que le Christ a rejoints et qui l’ont accueilli. « En eux – en nous ? – le Christ est glorifié. » n

Découvrez après les lectures de la messe notre suggestion de prière universelle. Ces intentions sont à adapter en fonction de l’actualité et de l’assemblée qui célèbre.

Bonne fête ! Pascal, Pascalin, Pascaline, Pascau, Restitute

Partager sur :

Le Christ à la mer de Galilée, Circle of Jacopo Tintoretto (Probably Lambert Sustris), Anonymous Artist - Venetian, 1518 or 1519 - 1594. © National Gallery of Art, New-York